Parler pour son pays, se taire pour soi
Un diplomate parle pour son pays toute la journée et pèse chaque mot, car chaque mot l’engage. Cette discipline est un métier. Elle suppose une compétence rare : tenir ce qu’on ressent à distance de ce qu’on dit.
Le soir, la compétence ne s’éteint pas. Elle devient silence : au dîner, avec un conjoint, avec des enfants qui ont changé de langue. Ce qui ne se dit pas, ici, agit. Il ne s’agit pas d’un manque de confiance, mais d’une habitude de ne rien laisser passer qu’on n’ait d’abord jugé.
Ce que la psychanalyse permet d’entrevoir, c’est ce que cette réserve protège, et de quelle scène plus ancienne elle est la fidèle héritière. Non pour s’en défaire : pour savoir ce qu’elle coûte. Voir : Psychanalyste pour diplomates francophones.